Le blog de Valentin

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Vaincre l'anxiété sociale

Comment vaincre sa phobie sociale quand on est lesbienne, gay, bi ou trans ?

Les phobies sociales sont souvent intimement liées à la non affirmation de soi. En effet, si l’on ne s’aime pas soi-même, comment peut-on se détacher du regard des autres ? Pour explorer cette question, je te propose aujourd’hui une interview de Kilyan Del Verme, coach bien-être spécialisé dans l’acceptation de soi.

Qu'est-ce que l'acceptation de soi et en quoi est-ce si important pour réduire l’anxiété sociale ?

S’accepter signifie tout d’abord se comprendre et se connaître. C’est ce qui nous permet de poser nos limites, nos barrières et d’accepter justement quelles sont ces dernières vis-à-vis des autres. Quand je m’accepte, je n’ai pas besoin de l’approbation de l’autre. Je garde la volonté de toujours grandir, en tant que personne, mais je valide qui je suis aujourd’hui et je me sens digne en tant que tel. Cela veut dire prendre possession de qui je suis, m’en sentir responsable, me détacher du besoin de validation, m’éloigner du sentiment que ce sont les autres qui doivent me donner la permission d’être qui je suis.

Magnésium

Donc s’accepter signifie être authentique envers soi-même et arrêter de chercher sa valeur dans l’approbation des autres. Pour moi, l’acceptation de soi est intimement liée à un sens d’appartenance, d’avoir trouvé sa place. Ce qui signifie être capable de se tenir debout, seul, quand nécessaire. Être debout pour ce en quoi je crois, même quand cela risque de me déconnecter des autres et de leurs opinions. Le plus gros ennemi à cela, c’est la recherche de l'intégration par modulation de soi. Quand on ne s’accepte pas totalement, on a tendance à s’adapter à la situation et aux personnes. On n’est pas authentique, afin d’obtenir leur validation.

Si nous manquons d’acceptation pour nous-mêmes, nous allons la chercher à l’extérieur et devenons redevables. Ainsi nous devons nous comporter et être d’une certaine manière, pour obtenir cette acceptation venue de l’extérieur. Ceci est donc une immense source d’angoisse car nous sommes constamment placés sous observation et aussi parce que nous avons l’impression que nous devons rendre des comptes. Comme si cette acceptation était un cadeau que l’on nous faisait.

J’apprends donc à me connaître et à reconnaître les croyances limitantes auxquelles je m’accroche. Je choisis d’embrasser qui je suis vraiment. Je l’assume, peu importe si c’est inconfortable pour moi ou pour les autres. Ce concept est très important pour diminuer l’anxiété sociale, car lorsque l’on s’accepte, nous faisons un avec nous-mêmes. En vous acceptant, le monde extérieur n’envahit plus vos limites. Il ne vous est plus nécessaire d’être validé par les autres, au contraire, vous comprenez au fond de vous quelle est votre propre valeur et votre propre identité.

Tu t’es spécialisé notamment dans le coaching des personnes LGBTQ+. Peux-tu nous dire en quoi cette communauté est particulièrement touchée par la phobie sociale ?

La communauté LGBTQ+ est composée de personnes qui, pour la plupart, ont subi et subissent encore du rejet social. Elles sont souvent confrontées, depuis un très jeune âge, à un jugement constant ainsi qu’un puissant rejet de la part de leur environnement, notamment de leurs proches. Même la famille, qui devrait être un lieu de sécurité, se transforme souvent en premier signal de rejet. Le coming-out - qui est un geste d’ouverture envers la famille, et de respect de soi en assumant son identité ou sa sexualité - porte une pression énorme car il est souvent la source de ruptures cauchemardesques au sein des familles. Ces dernières ont honte de leur membre LGBTQ+, car elles estiment que cela nuit à leur réputation de famille “respectable”. C’est arrivé à beaucoup de mes clients. Les personnes faisant partie de la communauté LGBTQ+ reçoivent constamment des messages de rejet et d’inadéquation.

Pourquoi ? Parce qu’il existe un décalage énorme entre leur personne et les attentes sociétales. Même quand elles sont en paix avec elles-mêmes, les personnes LGBTQ+ grandissent dans une société dont le message principal envers les « différences » est : « Tu n’es pas juste, tu n’es pas assez bon ou bonne, tu n’es pas dans la norme, tu es une aberration. » Ce message peut passer sous forme de violence verbale au travers d’insultes ou de menaces, mais malheureusement, il est aussi souvent exprimé de manière physique et dangereuse. Tout le monde expérimente le rejet, la peur de l’autre, le manque d’amour et de confiance en soi, l’angoisse de devoir se mêler à la société, etc. Cependant, la différence non négligeable entre les personnes LGBTQ+ et les autres, c’est qu’en étant qui elles sont, elles s’exposent à un danger. Il ne s’agit pas de légendes urbaines, c’est bien réel. Cette insécurité et cette peur du rejet que tout le monde peut vivre, peut être exacerbée pour les personnes LGBTQ+, parce que les expériences auxquelles elles sont confrontées sont d’une violence qui peut aller très loin.

Dans notre instinct ancestral, ne pas être dans la norme équivaut à mourir. Imaginez par exemple un troupeau. Quel est l’individu qui se fait chasser en premier ? C’est celui qui est un peu détaché du troupeau évidemment, celui qui est à l’écart, qui se fait repérer en moins de cinq minutes. C’est pareil dans notre société, c’est celui qui sort de la norme qui est le premier à se faire attaquer, telle une cible mise en évidence. C’est ce que vit chaque personne qui sort de la norme, qui vit avec des codes différents, LGBTQ+ ou non. Mais les personnes de ces univers-là sont touchées très profondément, au niveau de leur personnalité, de leur identité mais aussi dans leurs droits fondamentaux. Il est incroyablement difficile de vivre et de se sentir légitime à l’intérieur de soi, lorsque la société nous prive de nos droits. Les personnes LGBTQ+ sont confrontées à cela, elles sont plus ou moins privées de droits primaires dont les autres bénéficient normalement. En cela, il est d’autant plus difficile de ne pas souffrir de phobie sociale.

Tu conseilles à tes clients d’utiliser leurs différences comme des “points de force”. Peux-tu nous en dire plus ?

Je crois que notre bien-être, et la valeur qu’on donne à notre vie, dépendent de différents facteurs : notre santé, l’amour, l’épanouissement personnel mais aussi ce que l’on offre. Nous sommes des êtres sociaux et avons profondément en nous le besoin d’apporter quelque chose à notre prochain. Mais ce que l’on peut offrir est aussi totalement proportionnel à qui l'on est et ce qu’on a vécu. Nos batailles, nos difficultés, nos différences, sont là pour nous permettre de grandir. En effet, nos différences peuvent causer des batailles où elles peuvent parfois être le fruit de luttes passées. Mais ce n’est qu’en les respectant que nous vivons comme l’être unique que nous sommes. Ces différences façonnent le profil unique et particulier de chacun d’entre nous.

Cette unicité peut être soit cachée, soit offerte au monde dans toute sa valeur. Notre société a cruellement besoin de différences. Et ce, d’autant plus à une époque où la mode, le conformisme et la recherche de « normalité » apparente semblent avoir plus de valeur que l’or.

Je suis biologiste de formation, alors j’aime bien prendre des exemples dans la nature. L’équilibre entier de la planète se base sur les différences. Entre les espèces, par exemple, chacune est différente et remplit donc un rôle différent, qui permet à l’écosystème de maintenir l’équilibre général. Au sein de la société, c’est la même chose.

Nos différences peuvent être perçues comme un handicap, ou alors un magnifique et rare atout qui nous permettra d’offrir aux autres quelque chose qu’ils ne peuvent pas trouver ailleurs.

Nos différences, c’est ce qui nous fait ressortir au milieu des autres et en ce sens cela peut nous rendre vulnérables. Mais la vulnérabilité est du courage. Embrasser qui nous sommes nous propulse au-delà de ce qui existe, de ce qu’on connaît, nous permettant de sortir des codes, d'être enfin libre et d’apporter de nouvelles idées et de nouveaux mouvements. Ces différences sont souvent visibles et critiquées, mais ceux qui critiquent sont confortablement assis dans leur inaction et leur propre manque d’acceptation, donc leur opinion ne doit pas nous affecter. Je n’ai jamais connu quelqu’un qui s’est réellement battu pour pleinement s’accepter, et qui en même temps se permet de critiquer les autres sur leurs propres combats. Le mérite va à celles et ceux qui essaient, qui s’exposent, qui luttent pour être qui ils sont, même quand ils se “cassent la figure”. Dites-vous qu’à aucun moment, les critiques de qui n’est pas sur le terrain de bataille pourraient avoir le droit de vous atteindre.

Dans nos différences existent notre identité profonde et nos dons uniques, nos forces, et c’est ça qui fait avancer le monde.

Pensez à la personne qui vous a le plus inspiré dans votre vie. Que ce soit quelqu’un que vous avez connu personnellement, ou alors un personnage célèbre. Est-ce quelqu’un qui a vécu ses différences comme un problème à régler et quelque chose à cacher ? Cette personne s’est-elle démenée pour être ce que l’extérieur voulait qu’elle soit ? Ou est-ce quelqu’un qui a embrassé totalement son être, ses pensées anticonformistes, toutes ses différences et « bizarreries » ? S’est-elle battue en offrant un exemple d’acceptation de soi, y compris dans ses facettes les plus inconfortables ? Je pense que les chances sont grandes pour que ce soit le deuxième cas.

Alors, pour vous donner trois conseils très rapides :

Reconnaissez et acceptez vos différences

Comment transmuter ses différences en forces, si l’on est trop occupé à essayer de cacher et renier ces mêmes différences ? Ce n’est qu’en vous acceptant que vous allez pouvoir utiliser chacune de vos particularités comme un atout.

Abandonnez la recherche de la normalité, du standard et de la perfection

Ces attentes - qui nous sont originairement transmises par notre entourage et la société - ont une influence très forte sur nous car elles s’imposent dès notre plus jeune âge. On nous demande, dès l’enfance, de bien rentrer dans les cadres et surtout de ne pas attirer l’attention ni le jugement des autres, ne pas se montrer différent. Pour compliquer les choses, les médias tracent des critères bien précis de normalité et nous font croire que la perfection est réalisable en nous montrant des exemples fictifs de ce à quoi nous devrions ressembler, et de comment on devrait être. Nous devons prendre du recul sur ces croyances limitantes qui nous ont été transmises depuis trop longtemps. Comprendre que la normalité est un concept lourd, archaïque et surtout inutile. Que la perfection n’existe pas et surtout que la différence est quelque chose de positif !

Cherchez comment aider les autres qui se retrouvent dans le même chemin d’acceptation

Quoi que vous viviez, quelle que soit votre peur, quelle que soit la différence que vous avez du mal à assumer, sachez que vous n’êtes pas seul(e) au monde à l’expérimenter. Si ce chemin à été / est dur pour vous, soyez sur qu’il est dur pour quelqu’un d’autre également. Alors profitez-en pour aider ces autres personnes. C’est exactement ce que j’ai fait quand j’ai décidé de devenir coach en développement personnel pour aider ceux et celles qui, comme moi auparavant, n’arrivent pas à s’assumer, à se sentir suffisants ou à prendre confiance en eux. J’ai moi-même été surpris d’à quel point ce travail m’a d’autant plus responsabilisé envers mon propre chemin, et ouvert les yeux sur la valeur de ma différence.

Si tu devais nous donner un seul conseil pour dépasser la peur du jugement des autres, quel serait-il ?

C’est un conseil qui semble peut-être contre-intuitif, mais quand vous vous sentez freinés voire même paralysés par la peur du jugement, rappelez-vous que vous serez jugés peu importe ce que vous faîtes ou êtes. Vous avez certainement déjà entendu maintes fois ce que je vais vous dire ici : pour ne pas être jugés, ne faîtes rien, ne dîtes rien, ne soyez rien.

Il y aura toujours quelqu’un qui vous jugera, vous ne pouvez pas échapper à ça. Préférez-vous être jugé alors que vous vous mettez en retrait et essayez désespérément de plaire aux autres ? Ou serait-ce mieux d’accepter de l’être tout en faisant ce qui vous rend heureux ? Le dépassement de la peur du jugement est un de mes sujets préférés en coaching, car j'ai moi-même vécu une transformation phénoménale à ce sujet. Un jour je me suis rendu compte qu’à évaluer ma valeur à travers l’approbation et l’opinion des autres, j’allais littéralement gâcher ma vie. L’écrasante majorité d’entre nous ne vit pas librement, ou pas totalement du moins, à cause de la peur du jugement. Y compris ceux qui se convainquent que les autres ne les intéressent pas.

Évidemment que ça nous intéresse, nous sommes des êtres sociaux et sommes faits pour nous sentir concernés par notre environnement social. Par contre, nous pouvons être conscients des autres et même de leurs jugements, sans que cela n’atteigne notre estime de soi. Le seul vrai moyen d’arrêter d’avoir peur du jugement, c’est d’arrêter de se juger soi-même : s’accepter et accepter également que les autres vont nous juger. Nous ne pouvons pas changer les autres, leur mentalité ni leur façon d’apercevoir le monde, mais nous pouvons choisir dans quelle mesure nous nous laissons affecter par cela.

Être paralysé par la peur d’être jugé équivaut à se positionner en tant que victime face à nos propres histoire et identité. Nous devenons alors tous petits et la honte nous écrase. Mais quand vous prenez enfin possession de qui vous êtes, quand vous vous assumez, quand vous incarnez votre histoire, vous en gagnez le contrôle. Vous cessez d’être le spectateur apeuré et vous en devenez l’auteur. Maintenant, grâce à cette prise de conscience, vous pouvez écrire vous-même votre histoire au lieu de la subir passivement.

Le mot de la fin ?

Se sentir vraiment bien dans ce monde, y trouver sa place, commence par le choix d’être authentique. Je pense qu’il n’y a pas d’échappatoire à cela. Et l’authenticité est un choix quotidien. Il n’existe pas des personnes authentiques et d'autres qui ne le sont pas, c’est une décision à prendre tous les jours, et ça ne dépend que de vous : personne ne peut la prendre et l’honorer à votre place.

Choisir l’authenticité signifie cultiver le courage d’être imparfait, d’assumer pleinement qui l’on est, de poser ses limites et ses besoins, d'accepter d’être vulnérable. Nous sommes tous faits de forces et de galères et c’est seulement en acceptant cela que nous pouvons nous respecter et nous connecter aux autres. Nous ne pouvons pas totalement contrôler notre monde extérieur, mais nous pouvons totalement contrôler notre monde intérieur. Oui c’est difficile, mais rappelez-vous que tout changement se fait en une minute : on a l’impression de devoir gravir des montagnes, on se focalise sur des obstacles immenses. Mais c’est en une seconde que l'on choisit que c’est terminé, qu’on en a marre et qu’on veut changer.

Pour finir, je vais vous donner trois conseils qui sont souvent bénéfiques à mes clients :

Faîtes attention à comment vous utilisez votre corps

Notre posture reflète notre état émotionnel, mais l’inverse est vrai aussi. C’est-à-dire que ce qu’on ressent est fortement lié à comment nous utilisons notre corps. Influencez-vous positivement : souriez, gardez une posture confiante (épaules en arrière, tête droite), bougez, donnez-vous de l’énergie et de la confiance.

Changez vos patterns de langage

Quelles sont les phrases que vous vous dîtes ? Les questions que vous vous posez ? Votre cerveau croit ce que vous vous dîtes. Donc dites-vous du positif. Croyez en vous.

Vous ressentez ce sur quoi vous vous focalisez

Concentrez-vous donc sur ce qui vous excite, vous rend fier, confiant, sur ce que vous voulez, sur ce que vous aimez et non sur ce qui vous fait peur. L’anxiété sociale et la peur envers les autres reflètent un focus mal dirigé, parce que dans ces moments-là, nous perdons conscience de nous-mêmes et de notre état. Quand vous êtes chez vous, dans le confort et la sécurité, entraînez-vous à vous créer un lieu sûr à l’intérieur de vous-même en vous aidant d’une respiration calme et profonde. Un lieu rien qu’à vous où vous vous respectez et vous vous parlez avec bienveillance. Vous vous y sentez bien, vous y êtes en sécurité. Faîtes du conditionnement positif en vous répétant des phrases puissantes qui vous mettent en confiance. La respiration vous aide à vous recentrer, à vous aligner avec vous-même.

Quand vous êtes à l’extérieur dans des situations de stress, revenez dans ce lieu qui n’appartient qu’à vous et retrouvez votre force intérieure. J’espère sincèrement avoir pu vous apporter de l’aide et du soutien. N’oubliez pas que vous n’êtes pas seuls et que vous avez de la valeur. À vous de l’assumer avec confiance, les autres apprendront à la voir !

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